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La blockchain est-elle le mirage technologique du XXI siècle ?

Depuis 2009* - année officieuse de création de la Blockchain - le concept de blockchain a largement dépassé les frontières de la communauté geek/technophile/anarchiste du web au point de bourdonner de plus en plus fort aux oreilles des décideurs et des médias grand public. (*La technologie derrière la première cryptomonnaie daterait du début des années 90).

Boostée par la popularité grandissante des cryptomonnaies telles que le Bitcoin, la technologie blockchain s’est inscrite naturellement sur la feuille de route technologique de la plupart des DSI. Ceux-ci redoutent une disruption aussi inattendue que brutale.

Si le Bitcoin cristallise à lui seul toutes les attentions en affichant une croissance indécente (pour ne pas dire douteuse), la Blockchain peine, quant à elle, à trouver des cas d’usages pour prouver sa juste valeur. Cela remet progressivement en cause l’essence même de ce nouvel eldorado.

« Mais, c'est une révolte ? Non Sire, c'est une révolution ! »

Si l’ouverture de la Blockchain pour des usages grand public se fait attendre, il est légitime de penser que peu de dirigeants aimeraient  paraphraser le duc de Liancourt qui s’adressa ainsi à Louis XVI le 14 Juillet 1789 à Versailles.

Afin de ne pas avoir à subir le même sort que ce roi déchu, il est vivement recommandé de considérer ces technologies émergentes et potentiellement disruptive. Adopter une approche R&D tendrait ainsi à rassurer sur la capacité d'adaptation de l'entreprise aux nouveaux usages.

Concrètement, toutes les entreprises ayant une activité commerciale peuvent être concernées par la Blockchain. Parmi les champs d’application les plus en vogue, on retrouve les smart contracts. Ces programmes permettent, par exemple, d’exécuter et vérifier automatiquement les termes des contrats ou de faire appliquer les sanctions en cas de non-respect.

L’intérêt pour une entreprise est donc de réduire les coûts de transaction, les coûts de vérification/mise en conformité, d’arbitrage, etc. Autant de gains qui justifient à eux seuls l’approfondissement de cette technologie.

Anticiper la Blockchain pour ne pas la subir

Qu’elle soit une révolution effective ou une prophétie de plus, la Blockchain ne doit pas échapper aux protocoles de l’innovation en entreprise. L’enjeu pour les entreprises : se positionner suffisamment en avance sur cette innovation afin de ne pas être pris au dépourvu en cas d’immersion de la blockchain dans nos usages quotidiens.

Cependant, étant donné le potentiel volatile de cette technologie et la fréquence des « grappes » d’innovations si chères à Schumpeter, il serait inconsidéré d’allouer toutes ses ressources en R&D sur la blockchain.

Le POC pour valider sa stratégie Blockchain

Pour répondre à cet intérêt du marché et dans le même temps à cette défiance technologique, le POC (de l’anglais Proof Of Concept) s’est imposé depuis de nombreuses années pour valider une intuition stratégique.

La force de ce concept est de valider le business model, la rentabilité des produits/services proposés, et d’estimer les coûts de développement liés à la technologie émergente. Concrètement cela permet de prouver qu’une simple idée peut devenir un projet viable.

Il y a fort à parier que la technologie Blockchain s’imposera d’elle-même grâce aux nombreux avantages qu’elle présente. Il est également certain que son développement sur des usages grand public ou de supply chain dépendra de la volonté de dirigeants visionnaires.

Il y a près de 150 ans, le mathématicien de génie Henri Poincaré affirmait : “c'est avec la logique que nous prouvons et avec l'intuition que nous trouvons ".
De la révolution industrielle en passant par le développement d’internet ou l’avénement des GAFAM, toutes ces révolutions n’ont fait que valider cette citation.