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Choix technologiques et stratégie : pourquoi est-il indispensable d'avoir des convictions ?

Dans un monde où l’innovation technologique est au cœur du modèle de prospérité économique, il semble parfois risqué d’affirmer ses convictions sur la valeur ajoutée d’une nouveauté.

Cependant, affirmer ses convictions - lorsqu'intuition sur les besoins clients et connaissance du marché sont réunis - peut parfois rapporter gros.

Dès la première moitié du XXème siècle, des économistes comme Nikolaï Kondratiev ont théorisé la notion de cycle économique. Joseph Schumpeter a ensuite moderniser le concept.

De sa « destruction créatrice » en passant par les « grappes d’innovation », l’économiste visionnaire annonçait avec clairvoyance les conséquences de la loi du marché. Il mettait en lumière la puissance de ce que l’on pourrait appeler la conviction technologique pour les décennies à venir.

« L'innovation distingue le leader du suiveur »

Comme d’autre génie de sa génération, l’histoire de Steve Jobs résume à elle seule l’importance du positionnement technologique dans la réussite économique d’une entreprise.

Si son parcours fait aujourd’hui l’objet d’un culte quasi mystique, c’est en partie car l’homme a passé une grande partie de sa vie à affirmer ses convictions. La plupart du temps, celles-ci étaient à contre-courant des tendances de son époque.

Mais être un grand visionnaire ne se résume pas à choisir la bonne « grappe d’innovations » au bon moment, au bon endroit et à l’appliquer à son business.

Cela nécessite une bonne connaissance des évolutions de son époque et une dimension presque philosophique dans sa capacité à prendre une décision.

Exemple du développement d'un site web : open source ou logiciel propriétaire ?

Si nous prenons l’exemple du développement d’un site web, nous disposons aujourd’hui d'une multitude de technologies permettant de créer un site en fonction de ses objectifs (e-commerce, institutionnel, etc.).

Il existe à ce sujet un vrai débat « philosophique » sur l’utilisation de l’open Source vs. logiciels propriétaires.

L'open source pour l'innovation

D’un côté, choisir l’open-source donne l’image d’une entreprise innovante qui utilise à bon escient les compétences de talents externes. Cela légitimise un modèle collaboratif dans son intérêt et celui d’une communauté.

Le logiciel propriétaire pour la fiabilité

D'un autre côté, le modèle du logiciel propriétaire impose un cadre strict aux utilisateurs mais rassure quant à sa fiabilité et à la crédibilité des éditeurs existants (ex: Microsoft, Oracle, etc.).

Des conflits existent donc entre des figures iconiques comme Richard Stallman (représentant du modèle libre et Open source) et des patrons d’industrie comme Steve Ballmer (qui considère l’Open source comme un “cancer”). 

Dans ce débat éternel, le poids des convictions pèse souvent plus lourd que les avantages respectifs de ces deux modèles.

Affirmer ses convictions : un pari risqué mais qui peut rapporter gros

Pour permettre aux entreprises de mieux comprendre les évolutions majeures dans la jungle des innovations technologiques, la plupart des géants du conseil et de l’IT communiquent désormais sur leurs convictions prospectives.

Le but : prévoir les tendances de demain en pariant sur la globalisation de telle ou telle technologie.

L’intérêt de cette méthode est de se positionner en tant qu’expert sur les grandes mutations à venir. Il est donc nécessaire de préparer en amont une offre d’accompagnement pour les clients souhaitant se différencier par anticipation.

Exemple de l’intelligence artificielle

Depuis l’émergence du concept d’IA à la fin des années 90 (notamment avec la célébrissime série de matchs entre Deep Blue, programme d’IA d’IBM, et Kasparov), beaucoup de chemin a été parcouru.

Mais sur ce marché - que les GAFAMI suivent avec attention - IBM a toujours été la figure de proue à l’origine de la démocratisation de l’IA, notamment grâce à son programme IBM Watson.

En 2015, Watson est devenu l'activité la plus dynamique de la branche « Business analytics » du groupe américain. Cette branche a connu une croissance annuelle de 7 % en 2014 à 17 milliards de dollars ce qui représentait alors 1/5ème du chiffre d'affaires global d'IBM. Pas mal pour une technologie encore immature.

En affirmant ses convictions en pionnier, en structurant une offre articulée autour de Watson et en communiquant largement sur ses positions, "l’éléphant se remet doucement à danser", selon les termes de son ancien PDG Louis Gerstner.

Et comme un symbole que les financiers n'attendait plus, le groupe informatique centenaire a annoncé il y a une semaine avoir renoué avec la croissance, une première depuis près de 7 ans.

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