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Paris Web 2019 #1 : focus web, tech et éthique

Cette année encore, l’équipe de Novaway avait envoyé une délégation pour participer à l’édition 2019 de Paris Web. Avant de rentrer dans le vif du sujet, nous tenions à féliciter le staff pour avoir réussi à mener à bien cet événement malgré les aléas rencontrés cette année. 

Le thème de cette année “Ouvrez grand le web” s'inscrivait parfaitement dans l’ADN de Paris Web : une conférence connue pour l’importance qu’elle accorde à l’accessibilité. 

Dans ce premier article, découvrez les conférences auxquelles nous avons assisté, axées éthique, web et tech à Paris Web. Un second article sera publié avec, entre autres, un focus sur les conférences liées à l’accessibilité et l’expérience utilisateur. 

Éthique et web

Pour un design de l’indépendance

Intervenant : Geoffrey Dorne
Poste : designer indépendant

Dans sa conférence, Geoffrey Dorne nous a présenté le cheminement intellectuel qu’il a suivi pour donner du sens à son design, à l’ère de l’anthropocène (l’ère de l’Homme) et de la collapsologie (effondrement de la civilisation industrielle). 

En arrêtant de faire du design pour le bénéfice commercial, il a souhaité orienter son travail vers la résilience de l’humain, la bio-diversité et le « commun ». Par exemple, Geoffray refuse désormais de travailler avec des entreprises dont le comportement n’est pas en alignement avec ses valeurs. Il privilégie les sujets associatifs où ses designs peuvent être partagés. 

Nous avons apprécié le fait que cette conférence nous invite à nous interroger sur la concordance entre notre travail et nos valeurs. Elle insiste sur l’importance de viser d’abord l’indépendance personnelle avant de s’attaquer aux aspects professionnels, puis de réfléchir à l’indépendance humaine de façon plus globale.

Autocritique de la revue de code (bienveillante)

Intervenant :  Kim Laï Thrin
Poste : développeur web - Ex La Ruche qui dit Oui !

L’éthique était également présente dans la conférence de Kim Laï Thrin sur la revue de code. La conférence fait écho à celle proposée 2 ans auparavant par Gilles Roustan (et que l’on vous recommande chaudement). 

En s’appuyant sur son expérience à la Ruche qui dit Oui!, Kim Laï nous encourage à être plus empathiques et bienveillants lorsque l'on réalise une revue de code.

En se mettant dans les bottes des autres, on se rend compte qu’il est parfois utile de laisser passer une « non-qualité » si cela peut permettre à quelqu’un d’apprendre de ses erreurs. Pour reprendre les mots de Kim Laï : 

“Le meilleur commentaire à faire sur une revue de code, c’est parfois de ne pas en faire pour laisser à d’autres la place pour s’exprimer”. 

Cette méthode peut paraître contre-productive, Elle mise néanmoins sur le long terme et la montée en compétence de tous les membres de l’équipe. In fine, cela permet l’amélioration de la qualité globale (c’est le genre de façon de pensée qui font de ce talk un de nos coups de cœur).

La tech à Paris Web

Du sang neuf dans des vieux pots

Intervenant : Sunny Ripert
Poste : lead développeur chez KissKissBankBank et CTO de Cults

Commençons par Sunny Ripert qui reçoit l’award de la meilleur intro de conférence pour avoir lancé son talk en mode Donjons & Dragons. 

Au-delà de la forme, Sunny nous a expliqué comment avancer sans passer par une refonte lorsque le code est dépassé. Pour lui, envisager une refonte, c’est prendre le risque de casser des choses qui fonctionnent. De plus, cela n’empêche pas de refaire les mêmes erreurs. 

A l’instar d’une cuisine qu’il faut nettoyer régulièrement pour cuisiner correctement, le code doit être refactoré sans cesse. Il nous a donné quelques conseils et nous a armé·e·s pour notre prochaine aventure face à un code vieillissant. Parmi ces recommandations :

  • faire de la revue de code
  • effectuer des tests
  • être discipliné.e
  • profiter des nouvelles fonctionnalités

On retiendra son conseil principal :

“Ne réveillez jamais du code qui dort si vous n’en n’avez pas besoin.”

En d’autres termes, il n’est pas nécessaire de refactorer du code qui fonctionne si l’on a aucune autre raison de le modifier.

Git reset : rien ne se perd, tout se transforme

Intervenant : Maxime Bréhin
Poste : Ingénieur R&D, Formateur Git, JS/React/Redux @ Delicious Insights

Maxime Bréhin nous a, quant lui, parlé de la fonction GIT reset. Après une explication très claire des différents modes de cette fonction, Maxime nous a présenté quelques cas pratiques. Par exemple, comment :

  • regrouper un ensemble de commits
  • créer une branche à partir d’un point plus ancien de l’historique

De quoi nous sauver la vie lorsque l'on rencontre des difficultés avec l’historique GIT, ce qui arrive bien trop souvent. Vous pourrez trouver plus de détails cet article détaillé de Maxime Bréhin.

Outils pour les sites statiques modernes à l’intention du développeur paresseux

Intervenant : David Sferruzza
Poste : facilitateur, Développeur, Architecte, Formateur

À mi-chemin entre les sites purement statiques, et les CMS (qui montrent certaines failles en matière de performances, sécurité...), il existe des générateurs de sites statiques dont David Sferruzza est venu nous parler. 

Capables de s’intégrer à de nombreux outils d’automatisation, ces générateurs (Gatsby, Hugo, Jekyll ...) offrent le parfait niveau d’abstraction pour créer du contenu qui change assez peu souvent (blog, site vitrine ...). 

Nous avons donc pu voir comment la mise en place de quelques outils très simples (Contentful, Prismic, Strapi ...) permet de monter une chaîne de production de contenu utilisable même par des personnes peu techniques (bien plus résiliente que l’ensemble des CMS du marché).

Au secours, je dois gérer la production

Intervenant  : Morgan Leroi
Poste : développeur full stack

En parlant de résilience, Morgan Leroi est venu nous parler d’un sujet qui donne souvent des sueurs froides : la production ! 

« You build it, you run it » est le dicton de Werner Vogels, CTO d’Amazon. Il considère que c’est aux équipes de développement de gérer cette production. Entre outils de débug et surveillance de la santé des plateformes, nous avons pu voir ce qu’il était possible et recommandé de mettre en place en tant que développeur/euse pour devenir plus serein·e sur la gestion de la production.

Morgan nous a, par exemple, montré un tableau de bord qu’il avait mis en place pour afficher le statut des API externes.

Votre API web passe-t-elle les 60 points du contrôle technique

Intervenant : François-Guillaume Ribreau
Poste : full Stack CTO, Startup Advisor, Consultant, Hacker, Maker

On a également parlé API avec François-Guillaume Ribreau. Il nous a présenté les principes fondamentaux des APIs et les façons de les suivre dans la construction avec des outils modernes. 

Après avoir insisté sur la nécessité d’identifier en amont les risques lors de la mise en place d’une API, il a abordé différents points comme :

  • la documentation
  • la sécurité avec le concept d’IAM (Identity and Access Management)
  • les différentes façons de faire du versioning

 Il a notamment évoqué le cas de Stripe. Stripe a prit le problème à l’envers pour mettre en place une solution très orientée business puisque virtuellement rétro-compatible à l’infini.

Il a insisté sur un principe fondamental de la construction d’une API : tout limiter dans l’espace et le temps (et idéalement utiliser un framework qui propose ces limites sous forme d’abstractions).

The Web is on F.I.R.E !!!

Intervenant : Noël Macé
Poste : developer advocate

Finalement, nous avons gardé un oeil tourné vers l’avenir avec le sujet de la  PWA (Progressive Web App). Noël Macé nous a présenté les travaux en cours sur les standards pour faire des applications F.I.R.E, c’est-à-dire :

  • Fast : rapides
  • Integrated : qui s’intègrent bien à l’OS
  • Reliable : capables de fonctionner même dans de mauvaises conditions (notamment au niveau du réseau)
  • Engaging : capable de captiver l’utilisateur·rice. 

Avec une vision moins marketing de la PWA - plus proche de celle des ingénieurs de Chrome qui la définissent comme une plateforme web de haute qualité - Noël nous a, entre autres, parlé d’import maps, qui permettent de contrôler plus finement le chargement des scripts Javascript.

Il a également parlé de la proposition de standard pour les built-in modules, une librairie de scripts qui seraient directement disponibles au sein des navigateurs, à commencer par le KV-Storage (qui viendrait remplacer le Local-Storage). 

La prise en compte de ces standards par les différents navigateurs pourrait avoir un impact positif considérable sur les futurs développements d’applications web.

La suite du retour dans le prochain épisode : focus accessibilité et user experience.